Dessins

Ce sont d’abord les matériaux qui guident Sonia Haberstich. L’eau, le papier, les pigments. Et le temps. La technique, elle, toute simple, se fait discrète : de grandes formes ovoïdes, imbibées d’eau, sur une feuille de papier fait main. L’eau est teintée de pigments ou pure, incolore. Le temps s’écoule, l’eau s’évapore. Un pinceau trempé dans une encre d’une autre couleur, effleure la surface du papier encore humide. L’encre s’étend, le papier la boit, forme de petites flaques imprévisibles qui, en s’assèchant progressivement, se fixent en taches de couleur, plus petites au sein des plus grandes. Le temps, encore, se mue en attente. L’attente, contemplation, méditation, prépare le prochain geste, la prochaine tache, la prochaine couleur. L’ensemble n’est pas, ne peut pas être prémédité. Chaque geste génère le suivant. Il faut simplement être présent. L’image arrive lentement. Le temps de l’accueillir.

 

Installation

Mes installations sont des moments, des espaces où le corps est sollicité à travers l’exaltation des sens de la vue et du toucher. J’ai recours aux techniques mixtes pour developer une pratique qui découle d’un intérêt pour les matériaux pauvres et inusités. Au cours des dernières années, mon travail s’est articulé autour du quotidien, du rituel et du geste répété (tricot, broderie, collage obsessionnel de multiples – svp, voir Jpegs d’installations).

Durant cette période, j’ai fabriqué de grandes quantités d’éléments de petit format à partir de matériaux trouvés ou d’objets bon marché achetés dans des ventes de garage ou dans les “magasins à un dollar”. Le choix de ces objets s’orientait vers les produits domestiques qui faisaient référence à mon enfance. Ceux-ci, en s’accumulant, ont formé des installations foisonnantes et immersives. Le caractère résolument sexuel des éléments que je fabriquais alors évoquait donc mon enfance ainsi que, par la même occasion, les modèles féminins qui m’étaient proposés en tant que jeune fille grandissant dans un environnement en transition entre le modèle traditionnel et la revolution sexuelle des années ’70.

Mon approche face à la fabrication en est une de bricolage. Il m’apparaît maintenant de plus en plus clair que ma pratique est issue de ma rencontre avec les matériaux et les fortes impressions que ceux-ci exercent sur moi. La virtuosité technique m’intéresse beaucoup moins que la virtuosité de l’intuition. Il s’agit d’un échange entre moi et mon environnement. Il s’agit aussi de la célébration de cet échange.

 

Peintures

 

Mes peintures sont des moments, des espaces où le corps est sollicité à travers l’exaltation. J’ai recours aux couleurs vives, saturées. Je fais confiance à la matière, à ses qualités plastiques. Je travaille l’écoulement. Je verse. J’attends.

 

Il m’apparaît maintenant de plus en plus clair que ma pratique est issue de ma rencontre avec les matériaux et les fortes impressions que ceux-ci exercent sur moi. La virtuosité technique m’intéresse beaucoup moins que la virtuosité de l’intuition. Il s’agit d’un échange entre moi et mon environnement. Il s’agit aussi de la célébration de cet échange.